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Chez Olivier

Publié le 23 juillet

Un copain musicien, il m’avait invité à dîner. Je me souviens qu’il m’avait dit qu’il arriverait après moi, donc de m’installer, la clé est sous le paillasson, tu pourras jouer du clavecin en attendant.

Olivier vivait avec sa chienne Pois chiche et des chevaux dont je ne me souviens plus le nom dans une grande et vieille baraque sans isolation et pleine de courants d’air près de Cantoin.

Cantoin c’est l’extrême nord de l’Aveyron ; bien plus haut que Laguiole qui est un peu sur le cercle polaire aveyronnais. Ça pourrait aussi bien s’appeler Cantogelsk ou Kantonagakalinigakanawak, tu vois. Et il se chauffait avec la cheminée donc la maison était glaciale quand je suis arrivé. Je me suis dit « pas grave, c’est l’aventure, je vais faire du feu » mais je n’ai jamais pu mettre la main sur les allumettes, ou le petit bois. Into the Wild, un peu.

J’ai bien essayé de jouer du clavecin mais quand tu viens du piano c’est extrêmement difficile et ingrat le clavecin, surtout avec les doigts gelés.

Alors j’ai fait des photos de la pièce pour m’occuper. Heureusement il est arrivé peu de temps après, a allumé le feu et préparé un aligot. Je me souviens qu’il m’a raconté qu’il avait travaillé avec Scott Ross sur la fin de sa vie ; et qu’à ma ma réaction de surprise et d’admiration il avait nuancé en précisant que Scott était déjà un peu éloigné des choses terrestres à ce moment-là, et qu’ils avaient passé plus de temps à jouer aux cartes que du clavecin.

Chez Olivier
Cantoin, Aveyron, 1992

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