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Fille, chien, pas de plage

Publié le 21 juillet

Ça avait été une drôle de journée, de celles qu’on ne vit qu’une fois dans sa vie ; mais au bord de la mer comme elle l’avait demandé, et très ensoleillée.

Après la cérémonie et repas en terrasse au bord de l’eau avec les frangins, tantes, neveux et cousins on s’était baignés sur cette plage dont elle aimait dire qu’elle était tranquille « parce qu’à marée basse, y’a pas d’eau, et à marée haute, y’a pas de plage ». Depuis j’ai adopté la formule pour notre coin de baignade en Charente-Maritime aussi. Même eau limpide, villas, cabanes et chalands d’ostréiculteurs qu’autrefois. Comme par retour d’habitude j’ai cherché dans le chenal la silhouette du bateau du père et celle du Tudorovo, un ketch sublime qui était son voisin de mouillage et me faisait rêver de voyages, assis le cul dans le sable. Mais eux n’y étaient plus (le premier, donné autant que vendu il y a 20 ans, le second navigue toujours en Méditerranée).

Et puis on avait regardé le jeu de la fille et du chien, en mangeant une glace assis sur un mur, parce que c’était marée haute et donc il n’y avait pas de plage.

Ensuite on est repartis dans nos vies dans nos voitures et nos trains, en se disant que sa première journée de Grandes vacances s’était passée d’une façon qui ne lui aurait pas déplu.

Fille, chien, pas de plage
Le Canon, juin 2020