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Bouilloire

27 novembre 2019

À Patrick Dufour

J’en ai souvent parlé, de cette parallaxe temporelle argentique, qui fait qu’entre le moment où l’on prend la photo et celui où on la découvre, il se passe au mieux une heure, le plus souvent dans mon cas quelques semaines, parfois quelques mois. Et que du coup on ne sait plus trop ce qu’on avait photographié, où, à quel moment, et dans quelle intention.

Quand j’ai vu la photo sur les scans, d’abord je me suis demandé pourquoi j’avais photographié la bouilloire. Je me suis dit que ça devait être un hommage à Claude Batho, mais si c’était ça, je m’en souviendrais.

Et puis j’ai vu mon reflet dedans, et pensé que j’avais voulu faire un selfie dans la bouilloire, et même que j’aurais bien dû l’astiquer un peu avant ; mais ça aussi, j’aurais dû m’en souvenir.

Et puis m’est revenu que ce jour-là, ou un autre, un copain musicien était venu à la maison, j’avais fait du thé, il l’avait entendue siffler, m’avait dit « tu devrais l’enregistrer », j’ai répondu que je me dis ça à chaque fois que je l’entends et que je ferai ça un jour quand j’aurai un meilleur enregistreur. L’idée c’était de mettre la photo avec le son, comme j’en avais eu déjà l’idée une fois, mais pas suivi le projet.

Du coup j’ai quand même fait le son avec le petit enregistreur actuel , et voilà l’histoire.

Bouilloire
Paris, novembre 2019