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Maison de Loti

28 août 2019

Je me souviens avoir eu le privilège, pendant toute une soirée, de pouvoir faire des photos en toute liberté dans la maison de Pierre Loti. C’était avant qu’on ne la ferme pour travaux de rénovation, et je me disais que si je faisais des bonnes images cette fois-là, je pourrais demander peut-être d’y revenir pour une série plus complète avant qu’on ne la vide.

On était quatre ou cinq au plus, chacun dans son coin avec nos appareils, silencieux, dans la pénombre.

Une des différences peut-être, entre le professionnel et l’amateur, c’est que le professionnel reste suffisamment maître de lui pour ne pas perdre de vue l’objectif de résultat, et donc la technique à mettre en œuvre pour y arriver.

L’amateur, enfin le gars comme moi, quand c’est un peu trop fort la pression émotionnelle, il met toute sa concentration sur une partie du processus, l’atmosphère, le cadrage, et compte un peu sur le hasard ou la chance, pour le reste. En l’occurrence, j’avais un peu négligé que pour faire une photo il faut de la lumière, et donc les réglages adéquats sur l’appareil. L’Hasselblad est manuel, pourtant j’avais une cellule à main, mais pas bien utilisée faut croire.

Résultats, en gros une ou deux pellicules quasiment transparentes, sauf trois vues. J’étais assez content d’une photo du piano Érard (les pianos, c’est mon truc, baby) sauf que j’ai appris après que c’est l’épouse de Pierre Loti qui l’avait acheté, postérieurement à son décès — il ne l’a donc jamais joué, ni même vu.

Avec le recul me dis quand même que c’est peut-être pas tant un hasard, que la maison ait voulu garder sa part de mystère ; mais j’ai été bien envieux ensuite de l’expérience d’immersion quelques années après, seule dans la maison vidée de tout son mobilier, de Christelle Plessis.

Maison de Pierre Loti
Rochefort, 2011

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